Vendre, louer son fichier d’adresses e-mail

Un ami possède un site, collecte depuis plusieurs mois des adresses e-mail et se demande s’il ne pourrait pas en tirer quelques euros. Voici le compte-rendu de nos échanges.

A qui vendre son fichier d’adresses e-mail ?

Le vendre… ou le louer ! Il est rare qu’un site vende son fichier mail, sur le marché des particuliers en tous cas. On le met plutôt en gestion chez un professionnel, si on ne veut vraiment pas s’en occuper. 1000Mercis, avec sa mégabase email-attitude, en a fait un de ses produits phare. Attention en revanche :

  • Pas sûr que les petites bases (entendre moins de 200K adresses) soient les bienvenues
  • Ils ne rémunèrent parfois que l’adresse « incrémentale », c’est à dire celle qu’ils n’ont pas déjà en base. Et les professionnels disposent de méga-bases…
  • Le taux de commission est à deux chiffres
  • Si on trouve que les conditions sont trop restrictives, on peut devenir affilié (aussi appelé éditeur) d’une ou plusieurs plateformes d’affiliation. : en toquant à  la porte de Netaffiliation, Zanox et Tradedoubler, vous êtes sûr de ne pas passer à côté d’une campagne juteuse… En revanche, vous choisissez vous-même vos campagnes, vous vous occupez des envois d’e-mail… C’est un métier, ça prend du temps et vous voilà dans le PRM de plain-pied.

Quelles sont les données à  récupérer ?

Tout d’abord, on ne peut vendre (ou louer) son fichier à  un tiers que si l’internaute a dûment accepté votre optin partenaire : une case à cocher avec la phrase « j’accepte de recevoir des offres de partenaires de [nomdusite]» est indispensable. Cette case ne peut être cochée par défaut et sa validation ne peut être une condition obligatoire pour remplir un formulaire de Newsletter par exemple.

Mes chiffres datent un peu, mais compter 30 à 40% d’acceptation. Un moyen pour atteindre ce taux : mettre cette case juste au-dessus d’une case d’acceptation des CGU du site. Rendre la case CGU obligatoire. C’est un peu sournois, mais les automatismes de l’internaute pressé pourront vous faire obtenir quelques validations supplémentaires.

Pour votre base déjà collectée sans opt-in partenaire en revanche, il va falloir se creuser la tête pour leur donner une occasion valable de passer à  nouveau par un formulaire (un nouveau service, une nouvelle fonctionnalité ?). Quant aux autres données à  collecter… Plus elles sont difficiles à récupérer, plus elles ont de valeur. Les intentionnistes par exemple (achat voiture, maison, crédit, futurs parents…) valent souvent plusieurs dizaines d’euros. Le code postal, la date de naissance et le sexe sont un minimum. Le mieux est de conserver des natures de question en rapport avec votre site. Si les questions n’ont aucune corrélation avec le service que va apporter l’inscription, vous avez toutes les chances de récupérer des données erronées, voire de faire fuir le quidam.

Dans tous les cas, ces données ne doivent pas être obligatoires à l’inscription, sans quoi vous prenez un trop grand risque de les voir remplies n’importe comment.

A partir de combien d’adresses le fichier est-il rentable ?

Pour pouvoir faire vivre un adulte avec famille à charge, comptez une base avec plusieurs centaines de milliers d’adresses fraîches et bien renseignées, ainsi qu’une bonne compétence en gestion de base… Et le cours du fichier se casse la figure depuis plusieurs années. Donc complétez avec de l’espace publicitaire sur votre site, du billet sponsorisé etc…Si par bonheur votre secteur est porteur (site référent sur une cible qu’affectent les annonceurs riches de l’immobilier, la banque-assurance, l’automobile, les énergies renouvelables, les jeux de hasard en ligne…), la valeur de la base ne se compte pas forcément en nombre d’adresses, mais en niveau de réactivité, richesse des données… Le mieux est de vous faire votre propre avis en relayant quelques campagnes, vous verrez bien ce que cela génère comme revenus.

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